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Lorraine
Vu par… Edith Wharton

Nancy, la plus belle cité de France, n’a jamais été plus belle que maintenant. En revenant, hier au soir, d’une tournée dans les villes en ruines, il nous semblait que toutes ses humbles sœurs eussent été sacrifiées pour sauver sa beauté; et je croyais les entendre nous supplier de ne pas les oublier en admirant l’aînée dont la sécurité avait été achetée si cher. 

La dernière fois que je contemplai l’ordonnance magnifique de la place Stanislas, c’était par une chaude nuit de juillet, un jour de fête nationale. La foule remplissait la place et les avenues. Les lignes harmonieuses des arcades et des palais illuminés se détachaient sur la nuit tombante; des guirlandes de lampions dessinaient la courbe des arcades menant à la place de la Carrière; l’arc de triomphe était couronné de flarmes multicolores. Le long rai lumineux d’un projecteur caressait les sombres charmilles du parc, les sculptures des fontaines et les beaux rinceaux dorés des grilles de Jean-Damour; et sous ce grand dôme de lumières on entendait le murmure d’un peuple joyeux, célébrant avec insouciance la tradition de belles victoires à demi oubliées.

Maintenant, aussitôt le soleil couché, toute apparence de Vie cesse a Nancy et un silence de plus en plus profond descend sur la place Vide et sur les avenues désertes. Hier, vers neuf heures, on ne voyait plus une lumière dans les rues : toutes les fenêtres étaient hermétiquement closes, et la nuit sans lune s’appesantissait sur la ville comme un dais de velours. Puis soudain, le pinceau lumineux d’un projecteur cingla le ciel, mis sur les façades sombres des palais une clarté fugitive, sema sur les invisibles grilles des étoiles d’or, puis disparut, laissant la nuit plus noire encore.

Voyages au front de Dunkerque à Belfort
Edith Wharton – 1915
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Voyager chez soi

Dans les oreilles

Dans ma bibliothèque

Leurs enfants après eux - Nicolas Mathieu
Leurs enfants après eux
Nicolas Mathieu

Août 1992. Une vallée perdue quelque part à l’Est, des hauts fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a 14 ans, et avec son cousin, ils s’emmerdent comme c’est pas permis. C’est là qu’ils décident de voler un canoë pour aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.
Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence, le récit politique d’une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l’entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Halliday, des fêtes foraines et d’Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage.
J’ai adoré !

Sur les écrans

La Nuit de l’invasion des nains de jardin venus de l’espace
Dylan Pelot

Mis à part Les Grandes gueules (Robert Enrico, 1965) : western vosgien au cœur d’une scierie familiale, avec des hommes des vrais (Lino Ventura en tête), je n’avais pas tellement d’idées de films se déroulant en Lorraine… Alors j’ai cherché… Il y a bien quelques scènes tournées du côté d’Hayange et de sa Vierge au début de J’ai épousé une ombre (Robin Davis, 1983) avec Nathalie Baye, Francis Huster et Richard Borhinger, et de L’Héritier (Philippe Labro, 1973) avec Jean-Paul Belmondo, mais je dois bien avouer que je n’ai pas trouvé grand chose me passionnant pour cette petite chronique.

Et puis est arrivée La Nuit de l’invasion des nains de jardin venus de l’espace ! Un court métrage en forme de bande annonce pour un film horrifico-gore de série Z volontairement crétin, sur-joué, mal doublé dans un anglais approximatif, collectionnant les effets spéciaux pourris, le tout saupoudré en off de la voix de Daniel Prévost ! Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un chef-d’oeuvre mais je me suis bien marré ! Pour quelle raison cette Nuit apparait-elle dans les films en référence à la Lorraine ? Aucune idée…

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