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29 juillet 2019
Le Palais idéal du facteur Cheval

Pourquoi ne pas prendre le temps ? « Perdre » du temps ? Quelle idée ! On ne perd jamais son temps à en prendre… Joseph Ferdinand Cheval, facteur de son état, débuta, en avril 1879, à 43 ans, après avoir buté contre une étrange pierre, la construction d’un « palais », sorti de son imagination. Il assembla durant 33 ans des cailloux, des coquillages, de la chaux, du silex, du mâchefer, modelant des personnages, sculptant des animaux, reproduisant des monuments vus sur des cartes postales ou dans des almanachs, gravant ses pensées dans la pierre. Un fou diront les uns, un génie diront les autres… Ferdinand s’en moquait ! Il bâtissait ce que ces rêves lui dictaient : le « Travail d’un seul homme ». Sans avoir fait d’études d’art, sans détenir aucune technique d’architecture, il réalisa une œuvre monumentale. Là, dans son potager, devant sa maison. Était-ce l’esprit ou la main qui dirigeait ? Sans doute un peu des deux. « La tête pense, la main qui suit, la tête qui suit la main qui peut, la tête qui ne pense à rien, la main qui pense à tout » écrit à son sujet Alexandre Vialatte. Sa brouette était son alliée, sa compagne de labeur, transportant sans cesse, après sa tournée de facteur de 40 km chaque jour, les éléments qui feraient ici un éléphant, là un géant, là-bas un palmier, plus loin la façade d’un chalet suisse… Est-ce beau ? Sans doute pas. C’est grandiose, surréaliste, onirique, magnifique ! Ferdinand acheva son œuvre à 76 ans puis reprit sa brouette durant 8 ans, pour réaliser son tombeau, le caveau familial, au cimetière d’Hauterives, à 1km de son « palais ». En 1905 Ferdinand voit arriver les premiers visiteurs. Depuis les années 30, le monde de l’art ne cesse de lui rendre hommage, d’André Breton à Brassaï, de Doisneau à Niki de Saint-Phalle, de Picasso à Ben, de Castelbajac à Charlélie Couture… En 1969 André Malraux fait classer le Palais Idéal Monument Historique. 

En 1924, à 88 ans, Louis Ferdinand Cheval meurt en ayant pris le temps de figer ses rêves, 33 ans d’un travail acharné et harassant, 10 000 journées à rêver et à bâtir, 93 000 heures à « perdre » son temps. Alors, rien ne presse, nous aussi, prenons le temps, arrêtons-nous sur la route des vacances et rendons visite à ce vieux fou de Ferdinand.

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