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Des poissons et des Pharaons
Egypte
Vu par… Théophile Gautier

Le silence était si profond, qu’on eût dit que le monde fût devenu muet, ou que l’air eût perdu la faculté de conduire le son. Le seul bruit qu’on entendît, c’était le chuchotement et les rires étouffés des crocodiles pâmés de chaleur qui se vautraient dans les joncs du fleuve; ou bien quelque ibis qui, fatigué de se tenir debout, une patte repliée sous le ventre et le cou entre les épaules, quittait sa pose immobile, et, fouettant brusquement l’air bleu de ses ailes blanches, allait se percher sur un obélisque ou sur un palmier.

Les berges du fleuve, couleur d’ocre et de saumon, se déroulaient rapidement comme des bandelettes de papyrus entre le double azur du ciel et de l’eau, si semblables de ton que la mince langue de terre qui les séparait semblait une chaussée jetée sur un immense lac, et qu’il eût été difficile de décider si le Nil réfléchissait le ciel, ou si le ciel réfléchissait le Nil.

Une Nuit de Cléopatre
Théophile Gautier – 1838
Au bord de la Mer Rouge

Sous l’eau

Si y bien une chose qui ne faut pas manquer pendant un séjour sur la mer rouge, se sont les récifs de coraux ! Et à notre avis, au train où va l’urbanisation galopante et délirante, il y a intérêt à ne pas traîner… Il y a évidemment danger pour toute cette faune et flore sous marine.

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Hors de l’eau

Une semaine de vacances prévue de longue date, pour célébrer le mariage de Marie-Laure et Laurent. Ce sont des adaptes du Club Med. L’idée de vacances en club ne nous séduit pas particulièrement mais après tout pourquoi pas et la destination choisie devrait nous assurer du beau temps.

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Voyager chez soi

Dans les oreilles

Dans ma bibliothèque

L-immeuble-Yacoubian
L’Immeuble Yacoubian
Alaa al-Aswany

Comme beaucoup de gamins j’étais fasciné par l’Egypte et j’ai dévoré entre 12 et 15 ans nombre de romans ayant rapport à l’Egypte plus ou moins antique : La Dame du Nil de Pauline Gedge, racontant le fabuleux destin d’Hatschepsout seule femme pharaon de l’histoire; Le Roman de la Momie de Théophile Gautier qui n’a jamais mis les pieds en Egypte si ce n’est pour l’inauguration du Canal de Suez qu’il ne vit pas alité dans sa chambre au Caire; Les Pillieurs de Sarcophages d’Odile Weullersse, sorte de club de cinq dans les mastabas; Champollion, Une Vie de Lumière, biographie du célèbre « traducteur » des hiéroglyphes; et surtout La Mort n’est pas une Fin d’Agatha Christie, seul enquête policière de sa nombreuse bibliographie se déroulant au temps des Pharaons…

Depuis mon adolescence j’avais un peu laissé tomber la littérature ayant l’Egypte pour décor; Il y a quelques temps je suis tombé sur L’Immeuble Yacoubian dans une librairie : construit en plein cœur du Caire dans les années 1930, vestige d’une splendeur révolue, l’immeuble Yacoubian constitue un creuset socioculturel très représentatif de l’Egypte du XXI° siècle naissant.
Dans son escalier se croisent ou s’ignorent Taha, le fils du concierge, qui rêve de devenir policier ; Hatem, le journaliste homosexuel ; le vieil aristocrate Zaki, perdu dans ses souvenirs ; Azzam, l’affairiste louche aussi bigot que lubrique ; la belle et pauvre Boussaïna, qui voudrait travailler sans avoir à subir la convoitise d’un patron…
Le Caire, contemporain, loin des temples et des pilleurs de tombeaux, bien ancré dans la réalité et l’actualité. Ce livre est une merveille qui nous parle avec humour et lucidité de la société égyptienne post-révolution arabe !

Sur les écrans

Le Sixième Jour
Youssef Chahine

Bon je ne vais pas tourner autour du pot : le film qui se déroule en Egypte que j’ai vu a peu près 300 fois  (et pareil pour le livre éponyme dont il est tiré) c’est Mort sur le Nil ! Bowers, les bagages ! Je ne vais pas vous raconter l’histoire, vous l’avez probablement déjà vu plusieurs fois aussi, ni vous vanter les mérites d’un casting hors-norme, Peter Ustinov en tête, incarnant un Hercule Poirot plus jovial que celui de David Suchet, menant à la pointe de sa moustache Bette Davis, Angela Landsbury, Jane Birkin, Mia Farrow, Maggie Smith, David Niven, etc.

Parlons plutôt du Sixième Jour !
Le Caire 1947: l’épidémie de cholera bat son plein. La belle lavandière Saddika vit avec son mari paralytique et son petit fils Hassan dans un sous-sol. Elle rêve du prince charmant et fréquente assidument les cinemas. Un jour Hassan ramène a la maison Okka, le séduisant montreur de singes, qui découvre facilement la femme dans la mère sacrifiée. Mais Hassan est atteint par la terrible maladie et Saddika mettra tout en oeuvre pour sauver son petit-fils.
Sorti en 1986, ce film de Youssef Chahine, d’après un roman d’Andrée Chédid, sera le dernier de Dalida. Très loin du disco et des paillettes, elle y est absolument bluffante ! On regrette que le cinéma ne l’ait pas plus employée…

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