Alsace
Vu par… Victor Hugo

Vers quatre heures du matin, je me suis réveillé. Un vent frais me frappait levisage, la voiture, lancée au grand galop, penchait en avant, nous descendionsla fameuse côte de Saverne.

C’est une des belles impressions de ma vie. La pluie avait cessé, lesbrumes se dispersaient aux quatre vents, le croissant traversait rapidement lesnuées et par moments voguait librement dans un trapèze d’azur comme unebarque dans un petit lac. Une brise, qui venait du Rhin, faisait frissonner lesarbres au bord de la route. De temps en temps ils s’écartaient et me laissaientvoir un abîme vague et éblouissant ; au premier plan, une futaie sous laquelle se dérobait la montagne ; en bas, d’immenses plaines avec desméandres d’eau reluisant comme des éclairs ; au fond, une ligne sombre, confuse et épaisse, la ForêtNoire, tout un panorama magique entrevu auclair de lune. Ces spectacles inachevés ont peutêtre plus de prestige encoreque les autres. Ce sont des rêves qu’on touche et qu’on regarde. Je savais quej’avais sous les yeux la France, l’Allemagne et la Suisse, Strasbourg avec saflèche, la ForêtNoire avec ses montagnes, le Rhin avec ses détours ; jecherchais tout, je supposais tout, et je ne voyais rien. Je n’ai jamais éprouvé desensation plus extraordinaire. Mêlez à cela l’heure, la course, les chevauxemportés par la pente, le bruit violent des roues, le frémissement des vitresabaissées, le passage fréquent des ombres des arbres, les souffles qui sortent lematin des montagnes, une sorte de murmure que faisait déjà la plaine, la beautédu ciel, et vous comprendrez ce que je sentais. Le jour, cette vallée émerveille ; la nuit, elle fascine.

Le Rhin
Victor Hugo – 1839
L’alsace en septembre 2020

La Route du Vin II

C’est finalement là, à Andlau, que notre route du vin débute réellement. Non pas que nous ayons décidé d’écluser toutes les caves jusqu’à Colmar mais plutôt parce que les paysages que nous traversons sont ceux que nous avons en tête : vallonés, couverts de vignes aux belles-teintes vertes et jaunes, où fleurissent de petits villages aux maisons colorées groupées autour d’un cloché pointu… L’Alsace telle qu’on l’imagine !

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La Route du Vin I

Tout avait pourtant bien commencé… Nous étions retourné dans le quartier de la Petite France déserté par les touristes mais inondé de soleil pour faire

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Voyager chez soi

Dans les oreilles

Dans ma bibliothèque

Entrez dans la danse - Jean Teulé
Entrez dans la danse
Jean Teulé

Une étrange épidémie a eu lieu dernièrement
Et s’est répandue dans Strasbourg
De telle sorte que, dans leur folie,
Beaucoup se mirent à danser
Et ne cessèrent jour et nuit, pendant deux mois
Sans interruption,
Jusqu’à tomber inconscients.
Beaucoup sont morts.

Comme à son habitude Jean Teulé nous conte l’Histoire par le petit bout de la lorgnette : le 12 juillet 1518 un mal étrange s’empare de Strasbourg : la danse… La ville attend l’imminente invasion des turcs mais ça n’est pas le pire des maux, elle est exsangue, plus un rond dans les caisses, ni dans les poches de ses habitants. La misère est partout, crasseuse, sordide ; on mange ce qu’on peut, jusqu’aux nourrissons ! Troffea devenu folle d’avoir jeté son enfant dans le Rhin se met alors à danser, danser, danser… Et entraine avec elle les strasbourgeois dans ce qui sera l’expression incontrôlable de leur grande détresse, une immense farandole où les membres se secouent et s’entrechoquent de manière incontrôlable. On danse, partout, jusqu’à tomber. Au delà de la souffrance, pour oublier, pour s’oublier. Folie, maladie ou manifestation diabolique ? Politiciens, médecins et membres du clergé veulent stopper l’hémorragie de cette danse macabre. Y arriveront-ils ? Teulé, lui, parvient à nous faire rire malgré le grande hideur de la situation : un court roman truculent servit par une langue vive et de nombreux anachronismes finement choisis.

Sur les écrans

Jules et Jim
François Truffaut

Un classique ! Un grand classique : Jules et Jim de François Truffaut d’après le roman éponyme d’Henri-Pierre Roché, sorti en 1962.

Paris, années 1900. Jules est allemand, Jim, francais. Ils sont amis, artistes. La sculpture d’une femme à l’étrange sourire les fascine et les entraine jusqu’en Grèce. De retour à Paris, ils rencontrent Catherine, qui ressemble étrangement à la statue. Jules l’épouse avant que la guerre n’éclate. Après l’armistice, Jim retrouve ses amis dans un chalet (censé être en Autriche mais filmé au refuge de Sihlbach au Vieil-Armand), où ils vivent avec leur fille, Sabine. Catherine se met à aimer Jim…

Une histoire d’amitié, une histoire d’amour, une histoire de femme, libre, libre d’aimer l’un ou l’autre, ou les deux. Une oeuvre majeure sur la beauté et la liberté. La liberté de filmer selon Truffaut, d’inventer un nouveau cinéma. Et déjà le sourire et la voix incomparable de Jeanne Moreau qui nous entraine dans son Tourbillon de la Vie.

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