19 septembre 2020
La Route du Vin I

Tout avait pourtant bien commencé… Nous étions retourné dans le quartier de la Petite France déserté par les touristes mais inondé de soleil pour faire quelques dernières photos avant de récupérer notre voiture de location aux abords de la gare de Strasbourg, et de tailler la route. Le guide vert indiquait Marlenheim comme point de départ de la Route du Vin et Waze nous y avait conduit sans trop faire d’histoires (même s’il refusait de s’afficher correctement sur l’ordinateur de bord de la Fiesta). J’avais décidé de suivre les conseils de ceux qui, autour de moi, m’avaient expliqué que Google Maps n’était pas véritablement un GPS lorsque j’avais raconté  récemment que ces applications de navigation n’étaient pas mes amies et que je leur préférais les cartes papiers. J’avais donc, pour ce nouveau périple, adopté Waze, en espérant ne pas avoir à trop m’en servir… une fois sur la fameuse Route, des panneaux nous permettraient de passer facilement d’un village à l’autre, pensais-je. 

À Marlenheim nous nous émerveillons de ce premier village alsacien, charmant, que nous traversons. Les indications « Route du Vin » se font beaucoup plus petites et plus rare que je ne l’espérais et nous perdons vite la trace de celle-ci. Waze tentera de rattraper le coup en nous conduisant à Wangen, prochain bled sur l’itinéraire, via la nationale… Si à chaque étape il nous faut remettre le service de navigation et quitter la Route que nous sommes venus découvrir les deux jours à venir vont être compliqués… Je commence à m’agacer. 

Le second village place alors sous nos yeux ébahis, outre une belle porte médiévale, un très joli panneau jaune « déviation ». Pas moyen d’entrer dans la bourgade, nous la contournons et perdons là encore notre chemin viticole. Perdus au milieu des champs et des vignes je dois relancer la « machine à trouver son chemin », et là… alors que mon écran dessine un joli trait bleu allant vers la droite, la douce voix de Waze nous susurre : « tournez à gauche » ! Quand je vous dit que ces systèmes ne veulent pas de moi ! La décision est prise : il nous faut une carte papier ! 

Les catholiques de tous poils y ont trouvé refuge au XVIe siècle chassés par les États Protestants, c’est à Molsheim que nous trouverons un plan des vignes ! Et la demoiselle de l’office du tourisme de nous rassurer : « c’est normal que vous vous soyez perdu, par là c’est très mal indiqué ». On avait remarqué… Moralité (et conseil d’ami) commencez la Route du Vin à Molsheim ! 

Apaisés et revigorés par de délicieuses quenelles de foie, spëtzele et autres spécialités culinaires régionales au munster et fromage blanc nous parcourons le bourg : les jésuites y ont bâti une église presque aussi imposante que la cathédrale de Strasbourg mais sans grand charme il faut bien le dire, les chartreux un prieuré (le seul à être au cœur d’une ville) que nous visitons gratuitement (journée du patrimoine oblige). Ce village est bien sympathique, d’autant plus que nous le voyons sous le soleil, mais Sainte-Odile nous attend ! Nous reprenons donc la route, munis de notre petite carte, certains, cette fois, de ne plus nous perdre. Direction Ottrot. 

Alors que nous grimpons vers le tombeau de la sainte patronne de l’Alsace, le ciel s’assombri et c’est sous de beaux nuages gris de plomb que nous entrons dans le monastère. Il y a beaucoup de monde, on se presse pour voir le tombeau de la miraculée… Celui-ci n’est visible que de loin, la pièce est ceinte par un cordon, et c’est seulement depuis la porte que l’on peut l’apercevoir, mais un prêtre et une femme d’un certain âge bloquent le passage, en extase, pendant un temps infini. Je les abandonne à leur prière. Le bâtiment en lui-même n’est pas des plus passionnant et toutes les chapelles vantées par le guide, sauf une, sont fermées aux visiteurs… Tant pis. Il ne nous reste que la vue, sur la vallée et les Vosges, que l’on devine, malgré le temps, splendide. Mais il faut bien le dire, l’absence de soleil et les nuages bas ne rendent pas grâce au paysage. 

Obernai saura être plus accueillante que la sainte Odile : ses façades colorées à colombages, ses géraniums en cascades à chaque fenêtre, et ses terrasses bondées nous font entrevoir, le temps d’une bière, choppe à la main, l’Alsace pittoresque, telle qu’on se plaît à l’imaginer. Je rêve, le nez en l’air, de cigognes portant dans leur long bec rouge des chérubins emmaillotés. A ce propos : comment débarquent donc les poupons dans les régions où ces volatiles n’ont jamais posées leurs pattes ? Ah oui ! c’est vrai il y a toujours la possibilité des roses et des choux… 

C’est rassurés sur l’existence de cette Alsace mythique que nous nous rendons à Andlau pour y passer la nuit… Et je dois bien avouer que pour se rendre de nuit, dans une ville que vous ne connaissez pas, à une adresse précise, celle de l’hôtel en l’occurence, notre petite carte papier ne nous aura pas été d’une grande utilité : vive les GPS !

Carnet d’adresses

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