Élafonissi

Après Balos et son lagon, c’est pour une autre plage de rêve, vantée par tous les guides, que nous prenons la route : Elafonissi ! D’après la carte elle ne semble pas trop compliqué à rejoindre mais, du nord au sud, la route qui longe la côte ouest est une vraie route de montagne. Des oliviers un peu partout, quelques terrains agricoles, des ruches, et en contrebas la côte tantôt douce tantôt déchiquetée, des serres blanches au soleil et la mer… Un aigle plane au milieu des vallons.

Afin de ne pas limiter cette journée à un lézardage intensif sur ce que l’on nous promet comme l’une des plus belles plages de Crête, la visite du monastère de Chrissoskalitissa, sur notre route,  s’impose. Il aurait durant la guerre servi d’école clandestine à quelques enfants planqués là. Dans une enfilade de pièces troglodytes un petit musée a été aménagé : objets cultuels, métier à tisser, jarres, photos anciennes… tout cela est plus anecdotique qu’instructif. Visite de l’église  sans grand intérêt, et, au bout d’un chemin de ronde la vue sur un bras de mer lapis-lazuli. Le monastère est toujours en activité, nous croisons un pope de retour de courses. Sur le parking un fêlé, illuminé ou bienheureux, appelez ça comme vous voulez, quête un peu d’eau ou de nourriture… enfin c’est ce que l’on croit comprendre.

La plage n’est plus très loin. Ne sachant pas si nous y trouverons de quoi nous restaurer, nous faisons halte dans une taverne juste à l’entrée du parc naturel. Ddominant la route, nous pouvons suivre le balais des voitures et autres scooters de ceux qui se rendent à la baignade. Même menu que dans toutes les tavernes en Grèce, nous déjeunons bien et simplement.

La plage très prisée des crétois et des vacanciers est précédée de grands parkings déjà bien remplis. La première place fera l’affaire puisque de toutes façons nous ne connaissons pas les lieux. Au bord de l’eau des transats, des parasols, et des centaines d’estivants plus ou moins bruyant… ça n’est tout de même pas La Pelosa mais ce n’est pas non plus la grande quiétude que – bêtement – nous imaginions. Le paysage est bien plat et beaucoup moins enchanteur que celui de la veille… cependant sur notre gauche, le sable laisse la place à de sombres roches volcaniques entremêlées de buissons. Le ciel s’est couvert donnant à la mer une teinte violette. Renseignements pris auprès de quelques marcheurs qui viennent à notre rencontre, d’autres plages, moins bondées, se cachent au delà des rochers mais il faut marcher une heure et demi pour atteindre la première… nous nous contentons d’une sorte de crique plutôt sympathique et sans âme qui vive. Ce n’est pas réellement ce que l’on peut appeler une plage paradisiaque mais le décor est plutôt beau et nous sommes au calme.

Au retour nous changeons de route, celle de l’intérieur des terres semble plus courte pour rejoindre Spilia. La encore nous circulons au milieu des montagnes mais l’asphalte est toute neuve, au moins sur la première partie du trajet. Les nuages sont très bas, l’orage menace, nous enveloppant d’une brume sombre et épaisse. Nous passons finalement au travers et retrouvons de la clarté en arrivant aux gorges de Topolia. Le décor est somptueux. J’adore ces voies qui serpentent entre les parois d’une gorge, suspendues, vertigineuses. Même si deux véhicules peuvent se croiser sans problème, nous ne pouvons pas nous arrêter pour profiter du paysage et voir le fond du canyon. Nous le faisons néanmoins un peu plus loin à la traversée d’un village. Un bar, une immense terrasse avec vue sur la vallée, un esprit un peu bohème, décoré de bric et de broc, calme et cosy. Parfait pour une pause. De l’autre côté de la route une femme vend des oignons, des montagnes d’oignons.

Nous regagnons ensuite nos peinâtes et n’en bougeons plus. Dîner a l’hôtel et rebouclage des valises : demain nous quittons Kissamos pour le sud de l’île !

Avec vue sur les gorges

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