27 novembre 2015
Sous la pluie…

Hélène, la meilleure amie de Jean-Claude, s’est installée il y a quelques mois à Athènes, une visite s’impose : voir la ville autrement, en novembre, sans ses hordes de touristes, sans la chaleur étouffante, l’idée est séduisante. Elle me fait aussi un peu peur; retourner en Grèce sans Jean-Jacques, dans ce pays qu’il aimait tant, revivre cette ville qu’il m’avait fait découvrir… Jean-Claude est désormais à mes côtés et ce sera à mon tour de lui faire aimer Athènes.

Hélène et Jean-Claude ne se sont pas vus depuis plusieurs mois, retrouvailles : courgettes au citron, tiropita, dolmates, pistaches d’Egine, moussaka maison et bien sûr, ouzo à la source.

Le lendemain nous quitterons tard l’appartement, et sans Hélène qui travaille…

Je tiens à visiter le nouveau musée de l’Acropole, inauguré en 2009. Allons-y à pied, ça nous fera voir du pays !

La pluie s’invite dès les premières minutes, et pas qu’un peu. Pas de restaurant sur Alexandras pour se mettre à l’abri et laisser passer le grain en déjeunant. Le bus s’impose comme la seule solution pour atteindre le métro à Victoria afin de nous rendre dans le centre. Peut-être aurait-il fallu commencer par un « kalimera » pour amadouer le chauffeur qui ne semble pas comprendre notre anglais. Peut-être aurait-il fallu acheter des tickets avant de monter dans le bus puisque le chauffeur n’en vend pas… On ne savait pas. Nous voyageons hors-la-loi sans être certains que ce B5 nous conduira où nous souhaitons aller. Une jeune fille nous rassure sur la direction et nous explique en anglais, tout en prenant des renseignements auprès d’un vieux grec, où descendre et où se situe le métro. Merci mademoiselle. Puis elle ajoute avec un grand sourire :  » ah vous êtes Français ! J’ai appris le français à l’école ». Lorsque nous descendons une pluie diluvienne s’abat sur nous : carrefour inondé, pas moyen de traverser, nous sommes affamés et coincés par des trombes d’eau. Après quelques stratagèmes, des aller-retours et divers pataugeages nous sommes devant la station de métro – place Kiriakou – dégoulinants, les pieds trempés, affamés… et la pluie s’est arrêtée !Déjeunons ! Un club sandwich bien gras commandé avec trois mots de grec et un peu d’anglais fera l’affaire. Pour avoir amusée la serveuse, elle nous offre une glace à la menthe ! Comme nous n’aimons pas trop les desserts ni l’un ni l’autre, nous refusons gentiment le cadeau. Nous ne l’amusons plus. L’aurions nous offusquée ?

Soleil : nous prenons le risque de reprendre la marche ! Le quartier est vraiment tarte, poussiéreux, les trottoirs défoncés. Un très beau bâtiment délabré à un carrefour mais surtout beaucoup de magasins de robinetterie. La place Omonia et la rue Athinas ne sont pas plus rutilantes mais offrent un visage plus vivant d’Athènes. Quelques magasins de fringue type surplus militaires exposent des boots et des vestes kaki sur le trottoir, des kiosques, une animalerie. Plus loin je retrouve l’hôtel Fresh où j’avais séjourné la dernière fois, plus loin encore le marché central : nous y entrons, allée des boucheries. Les éventaires tous alignés présentent les mêmes produits sous des néons blancs et puissants : des poulets, des agneaux coupés en deux sur toute leur longueur, des têtes de cochons comme des masques de fête foraines. Beurk !

Place Monastiraki puis Plaka, le quartier des souvenirs, ceux des boutiques pour touristes et ceux que je porte en moi, de beaux souvenirs inondés de chaleur et de fous rires.

Nous arrivons enfin au Musée, la nuit commence à tomber.

Avant d’y entrer, nous réalisons un selfie en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre; nous sommes au pied de l’Acropole mais malgré plusieurs essais, le Parthenon  n’apparaîtra pas sur la photo…. Il est temps de visiter le musée. Il n’y a plus de plan en français – rupture de stock, la guichetière nous explique amusée que les Français sont trop nombreux à visiter le lieu – tant pis, nous ferons sans. Le bâtiment est aussi beau à l’intérieur qu’à l’extérieur. Une grande rampe bordée de vitrines (vases, poteries diverses, amulettes, objets en tous genres trouvés sur l’Acropole) mène au premier des trois niveaux que compte le musée. Le sol transparent au centre permet de voir des éléments d’architecture archéologiques. En levant la tête nous voyons marcher sur une plateforme en verre et béton les visiteurs du 3eme niveau. Le parcours est simple, les éléments bien mis en valeur avec beaucoup de respiration; il y a peu de monde, nous prenons le temps et nous amusons de quelques reconstitutions polychromiques ou de restaurations plus ou moins réussies. Un berger dont une grande partie des jambes à disparue, s’est vu affublé de gros tubes gris qui évoquent plus une tuyauterie qu’un ouvrage d’art. Au troisième étage une colonnade en métal recrée parfaitement le plan et la structure du Parthenon, et entre ces colonnes est présentée la totalité des bas-reliefs du temple, tantôt originaux tantôt copiés. Remarquable ! Dehors il fait nuit et les grandes baies vitrées du bâtiment superposent l’intérieur qui s’y reflète et l’extérieur illuminé – dont l’acropole. On aperçoit quelques sapins de noël dans les appartements voisins.

Hélène, qui a terminée sa journée de travail, nous attend sur la terrasse du deuxième étage et nous profitons ensemble, quelques instants car le bar est fermé, de la vue sur l’acropole éclairée.

Il tombe quelques gouttes. Nous prenons un verre face à la station de métro Acropolis et décidons de dîner dans Plaka. La taverne où nous conduit Hélène est typique, le patron nous offre l’ouzo, un chanteur et un bouzouki mettent l’ambiance; il y a plus de grecs que de touristes. Nous passons là un très agréable moment et les plats sont délicieux. Nous sommes les derniers, et le patron attend notre départ pour fermer mais ne nous met pas pour autant dehors.

Retour à pied à l’appartement avec l’espoir de boire un café en chemin. Il n’y aura pas de café mais, place Syndagma, la terrasse de l’hôtel de Grande-Bretagne et sa vue dégagée sur l’acropole d’un côté, le Lycabet de l’autre et à nos pieds le parlement et ses décorations de Noël. Plus loin, les bâtiments de l’académie et de la bibliothèque nationale. La pluie se remet à tomber, nous pressons le pas et rentrons nous mettre à l’abri é-pui-sés par nos 12km de marche de la journée… Et oui !

Le musée de l’Acropole

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Inauguré en 2009, le nouveau musée de l’Acropole présente sur 3 niveaux le résultat des nombreuses fouilles menées sur l’Acropole et ses versants depuis le 17ème siècle. D’une grande sobriété et très aéré, la nouvelle architecture met bien en valeur les collections et il est très agréable d’y flaner.
A ne manquer sous aucun prétexte : la salle du Parthénon au 3ème niveau !
Et pour terminer vous pourrez toujours vous restaurer sur la terrasse face au Parthénon.


Infos pratiques

La suite du voyage

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