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21 juillet 2018
Saint-Nazaire

« Oh la la ! Tu vas voir Saint-Nazaire ça ressemble

à Argenteuil mais en plus moche !… »


Mais pourquoi, moi qui aime tant voyager, découvrir, ne suis-je jamais allé à Argenteuil ? Toujours à rêver du Serengueti, des Galápagos ou de Petra, que n’ai-je organisé un autotour des trésors du Val d’Oise ? J’aurai aujourd’hui un moyen de comparaison ! Je pourrai faire partie de ceux qui savent ! Après avoir visité Saint-Nazaire je me retrouve aussi con qu’un hérisson dégotant sur sa route un milk-shake à la fraise; je peux seulement dire que c’est une ville passionnante… et ne peux la comparer à rien ! C’est moche ! 

Puisqu’on parle de laideur, c’est vrai que la première approche de la ville n’est pas des plus réjouissante. En grande partie détruite durant la seconde guerre mondiale (Saint-Nazaire faisait partie du mur de l’Atlantique érigé par les allemands pour empêcher toute attaque du sol français par les forces alliés venant de la mer) elle n’a pas bénéficiée comme Le Havre du talent d’un Auguste Perret  pour sa reconstruction. On passe des faubourgs tristes et sans âmes, composés d’immeubles bas longeant de larges avenues, revisitées par l’arrivée récente d’un tramway. Plus au centre le béton s’étale, sans charme, sans unité architecturale. Et puis surgit l’inévitable, fermant l’horizon, bouchant la vue sur le bassin, les chantiers navals et l’embouchure de la Loire.
– Excusez-moi mais c’est quoi ce truc moche dans lequel nous nous trouvons ?
– La base sous-marine allemande monsieur, on ne peut pas l’enlever c’est indestructible… 

Waouh les allemands sont allés construire pour leurs sous-marins une énorme cloche à fromage aux murs de 7 mètres d’épaisseur qu’aucun bombardement n’a pu entamer et qu’aucune pelleteuse ou boule de démolition ne saurait réduire en miettes ! Le lieu aussi rebutant soit-il s’est naturellement (ou par le génie de quelque communiquant touristique) transformé en centre d’attraits pour curieux passionnés d’histoire. On peut ainsi, à partir de là, dans ce quartier renommé Ville-Port, qui entoure le bassin, découvrir une pléiade d’attractions. Nous en visiterons quatre.

A commencer par la visite d’un sous-marin français, l’Espadon, qui officiât jusque dans les années 80. Audio-guide à l’oreille nous apprenons comment pouvaient vivre 65 hommes dans cette espace si restreint, surchargé de tuyaux, câbles, manivelles, valves, loupiotes et autres cadrants lumineux. Une seule douche, alimentée en eau de mer froide, mais deux cuisines… la nourriture des officiers ne saurait se mêler à celle des simples marins ! Cette expérience étonnante m’a confirmée – s’il était encore utile de le préciser – que je n’avais en aucun cas ratée une carrière dans la Marine de guerre ! 

Nous poursuivons par le très éducatif Ecomusée, qui retrace l’histoire de la ville et son rapport à l’estuaire depuis le néolithique jusqu’à la reconstruction d’après-guerre. L’une des séquences muséographie, très émouvante, s’intitule « Regards sur… » et aurait pu figurer aux Rencontres Photographiques d’Arles : des clichés, pris dans les années 50-60, par les nazairiens eux-mêmes, illustrent leur mode de vie en ces temps de reconstruction. 

Nous achevons notre tour par l’incroyable Escal’Atlantique. Les chantiers de Saint-Nazaire ont été le berceau de grand nombre de paquebots transatlantiques et cette attraction, mi-musée mi-reconstitution, au sein même du blockhaus fait revivre ces magnifiques géants des mer. Nous voyons ici le mobilier du France, celui du Normandie, là la vaisselle de tel autre navire puis, en poussant une porte nous voilà sur un pont, en pleine mer, battu par les vent, humant les embruns au rythme des cris de mouettes. On s’y croirait ! Il ne manque que Céline Dion se balançant au bout d’une filin entonnant son célèbre My Heart Will go on… Durant deux heures nous vivons la traversée qu’ont effectués des milliers de personnes vers les Amériques depuis le milieu du XIXeme siècle jusqu’aux années 70.

Aujourd’hui il n’y a plus guère de transatlantiques au départ de St Nazaire… Et les paquebots de croisière les ont remplacés dans les chantiers navals. Quatre de ces énormes bateaux sont d’ailleurs en construction lorsque nous feront la visites des chantiers quelques jours plus tard. Autant être honnête, je pensais sincèrement que cette visite guidée allait m’ennuyer. Je l’imaginais destinée aux aficionados de la soudure, aux vrais amateurs de l’assemblage de tôle, bien trop technique pour moi… Quant au fait que -petit un- la visite se déroule entièrement en bus et que -petit deux- l’utilisation de l’appareil photo me soit complètement défendu, n’était vraiment pas pour me rassurer… J’avais tout faux ! Les deux heures sont passées comme un éclair, j’ai appris énormément de choses sur les paquebots, leur construction, le fonctionnement et l’histoire des chantiers de St Nazaire… Bien sûr j’en ai déjà oublié les trois quart, mais cela tient surtout à la liquidité de mon cerveau et en aucun cas à notre jeune guide passionnée et passionnante ! Et puis si je vous expliquais tout vous n’auriez plus rien à découvrir par vous-même… 

Va quand même falloir que je pense à reserver un week-end à Argenteuil maintenant !

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