Challenge 50 ans / J – 1
Confiné
Paris 2021
Samedi 14 mars 2020. Je fête mon anniversaire en bonne compagnie. Le soir même nous apprenons que les bars et restaurants doivent fermer leurs portes à minuit pour une durée indéterminée. Nous apprenons également qu’à partir du mardi suivant nous sommes tous confinés. Cette situation sans précédent ne laisse absolument pas présager de la souffrance qu’elle enfantera. Durant deux mois toute interaction sociale sera annihilée. L’ennemi est partout, impalpable, invisible. La méfiance s’immisce, la distance s’installe, le chagrin s’invite, la douleur s’impose.
Deux ans durant nous allons vivre, masqués, au grès des confinements, des couvre-feux, des gestes barrières, des attestations, des tests, des vaccins. Une péripétie mondiale, inédite, d’une ampleur sans antécédent.
J’ai la chance d’avoir un bel appartement, sans vis à vis, avec vue sur Paris et beaucoup de ciel. Ce printemps il fait un temps magnifique, lumineux. J’ouvre ma fenêtre et regarde la ville à mes pieds, désertée, inondée de soleil. J’écris, beaucoup. Je lis, ce que je faisais moins. Je me noie avec bonheur dans la solitude. Ça ne sera plus le cas lors du second confinement…
Travailler de chez moi ne me pose absolument aucun problème, je suis indépendant depuis vingt ans et le télétravail imposé ne change finalement pas grand-chose à mes habitudes. Ce qui est nouveau en revanche c’est la privation de liberté. Je ne suis, nous ne sommes, plus libre d’aller et venir à notre guise, de retrouver les copains dans les bars, d’aller au cinéma, au théâtre, d’organiser des dîners, de faire les boutiques, de se promener tout simplement. Plus de cours de chant et surtout plus de concert. Ces dernières années, ils s’étaient faits réguliers, me permettaient de travailler un répertoire sans cesse renouvelé et de le livrer à un public chaque fois plus nombreux. Avec mes comparses Evie, Chloe et Guillaume nous préparions pour l’été un tour composé uniquement de chansons signées Corbier. Le virus et ses variants ont repoussé la création de cet hommage, sans aucune certitude de le voir naître un jour… Nous le jouerons néanmoins en août 2021, pour l’édition numérique du Festival Dec’Ouvrir de Conceze. La photo du jour à été prise pendant les préparatifs de cette unique représentation sans spectateur. Une expérience toute aussi étrange que la période que nous traversons.