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24 mars 2017
From Paris to Chester

Me revoilà sur les routes ! Un grand road trip au départ de Paris, avec ma propre voiture… direction Ecosse ! Jean-Claude est bien évidemment de la partie mais nous sommes également en compagnie d’Anne-Laure qui rêve, elle aussi, de voir le monstre du Loch Ness.

Avant d’atteindre l’Ecosse il nous faut rejoindre St Malo où nous prendrons le bateau pour Portsmouth, puis traverser l’Angleterre. Si ça c’est pas du road trip !

Comme nous ne sommes pas pressés – le bateau part de St Malo à 20h30 – nous prenons la N12. Le temps est maussade voir même un peu pluvieux mais ça n’entame pas notre plaisir. Déjeuner à Verneuil sur Avre, Au Bon Accueil, ambiance sixties et désuète au possible : banquettes en Skaï, carrelage noir et blanc… le service n’est pas des plus efficaces mais néanmoins sympathique. On est en train de changer – ou d’installer – une caisse informatisée, en attendant tout se fait à la main, sur calepin… c’est pas gagné. Nous atteignons St Malo vers 19h, pas le temps d’une promenade en ville : embarquement immédiat sur le Bretagne. Comme Jean-Claude à ses entrées chez Brittany Ferry, nous sommes attendus et accueillis comme des princes. Nous avons droit à une splendide cabine pour trois avec de vrais lits et deux sabords (Jean-Claude en profite pour nous initier à la terminologie maritime : pont, coursive, bout, hublot…). Avant le dîner nous faisons un peu les boutiques puis prenons un verre au bar qui fait aussi office de salle de spectacle. Autour de nous quelques routiers, beaucoup d’anglais de tous âges. Une jeune chanteuse enchaîne, sur bande, succès rocks et standards RnB. À la table à côté de la notre une jeune femme, blond platine, ultra maquillée, dont les lèvres et les seins semblent être déjà passés sous les doigts d’un habile chirurgien, prend des notes sur la prestation de la chanteuse. Serait-ce sa prof de chant ?

Le navire propose deux restaurants ou plutôt un self et un « véritable restaurant » avec nappes blanches et service à table. Nous avons réservé dans ce dernier en choisissant le créneau le plus tardif : 21h. Les anglais ayant déjà fini de dîner depuis longtemps nous sommes pratiquement seuls dans l’immense salle. Nous dînons vraiment bien et le service est impeccable.

Lorsque nous sortons de table, un magicien a remplacé la chanteuse. Nous ne nous attardons pas, l’arrivée à Portsmouth est prévue pour 7h45 et ensuite il faudra conduire… à gauche !

Sur les côtes anglaises le temps est gris; mais nous savions bien qu’en partant au mois de mars sous ces latitudes nous avions peu de chance d’attraper des coups de soleil…

Christ Church College

Première halte : Oxford. Si Jean-Claude et moi connaissons déjà la splendide ville universitaire, ce n’est pas le cas d’Anne-Laure. Il serait dommage de rater ça. Il y a beaucoup plus de monde dans les rues que lors de notre précédente visite, et surtout beaucoup de cars de touristes. Nous n’avons pas tellement le temps de nous attarder mais visitons tout de même le Christ Church Collège dont le réfectoire est de nouveau accessible (en janvier 2015 il était en travaux). Le couvert est mis sur de longues tables en bois; de par et d’autre une série de portraits aux regards inquisiteurs semble prêt à veiller au bon déroulement du déjeuner et à vous sermonner si vous ne finissez pas votre soupe. Nous sommes hors du temps, dans un décor de film; il est difficile d’imaginer que d’ici quelques minutes une horde d’étudiants en uniforme va s’installer a ces tables, sous ces tableaux, déplier les serviettes blanches, repassées, brodées aux initiales du collège et déjeuner comme dans n’importe quelle cantine.

Le temps se dégage. Nous quittons Oxford après avoir tourné un peu dans un quartier pavillonnaire où il doit faire bon vivre, et filons vers notre deuxième halte : Stratford upon Avon, sur les traces de Shakespeare.

Nous déjeunons au Pen and Parchment un pub chaleureux et joliment décoré, avec terrasse, sur les bords de l’Avon. Au mur les noms des propriétaires depuis le 17ème siècle. Premier contact avec le fonctionnement de la restauration : au Royaume-Uni, rare sont les restaurants où l’on vient vous prendre la commande à table, dans la plus part des cas vous devrez aller la passer vous même au bar, et parfois même payer avant de voir la couleur de votre assiette… le savoir évite d’attendre comme un couillon de français que le serveur daigne s’intéresser à vous ! Café en terrasse : cette fois le soleil est bien là : pas si sûr que nous n’attrapions pas de coups de soleil finalement.

Elle serait pas un peu en biais cette photo ?

Nous nous promenons ensuite dans la ville, charmante, zébrée de jolies maisons à colombages. La rue principale de Stratford est piétonne, bordée de magasins en tous genres (Il y a des publicités un peu partout pour le Mother’s Day (la fête des mères) qui se déroule ce même week-end – nous nous étonnons d’ailleurs que cette fête ne soit pas à la même date qu’en France), de nombreux touristes viennent y voir la maison de Shakespeare, située en son milieu. Nous n’avons pas vraiment le temps de la visiter, ni le musée attenant et préférons nous promener encore un peu. C’est l’heure de la sortie des classes et des collégiens cravatés envahissent les rues. Plus loin vers le fleuve le Théâtre de la Royale Shakespeare Company (l’équivalent de notre Comédie Française). Magnifique bâtiment en deux parties, l’une récente l’autre plutôt gothique, le mélange est étonnant. Nous achevons notre balade le long de l’Avon où des cygnes par dizaines qu’un homme sans âge, coiffé d’un ridicule bonnet de laine, nourrit au pain font l’attraction. Nous profitons et l’idée de vacances s’installe doucement en nous.

Arrivée à Chester de nuit. Si la conduite à gauche au volant de ma voiture française ne m’a pas posée de problème jusqu’à présent, j’en rencontre un, plutôt amusant, alors que je viens de déposer mes camarades devant l’hôtel avec les bagages et que j’entre dans le parking : De la difficulté d’obtenir un ticket de parking lorsqu’on est seul dans une voiture française. Je ris tout seul en faisant le tour de la voiture pour récupérer le ticket. Il m’en faut peu. Le Pied Bull où nous avons réservé pour la nuit est un hôtel-pub. À la foule – que j’imagine habituelle – d’un vendredi soir, s’ajoute les invités déjà un peu avinés d’un mariage : le pub est bondé ! Ça rit, ça boit, ça beugle ! La serveuse est débordée, entre deux livraisons de pintes elle trouve tout de même le temps de nous indiquer nos chambres… dans ruelle adjacente. C’est étrange, terriblement typique et les chambres sont très bien. Il est bientôt 21h, trop tard pour dîner sur place. Le Pub à côté est blindé aussi, des écrans diffusent un match de foot avec le son à fond… Nous atterrissons dans un restaurant espagnol – qui ressemble plus à un salon de thé qu’à un bar à tapas. Nous dînons à trois sur toute petite table alors qu’à côté de nous deux japonais se partagent une table gigantesque… Moi qui rêvait d’une bonne Guinness ça sera San Miguel, et brochettes géantes. Nous commandons ensuite deux decas et voyons revenir la serveuse avec deux bols emplis d’un liquide clair et maronnasse : de la soupe de café ! Hilares nous précisons notre pensée : expresso-deca ! Il faudra s’en souvenir !

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