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30 juillet 2018
Millau et les Gorges du Tarn

Les températures sont à la hausse ces jours-ci, voire même depuis quelques semaines, dépassant allègrement les 35° la journée, et les prévisions météo pour les jours à venir n’annoncent aucune baisse substantielle… J’aime la chaleur, je l’ai toujours aimée, j’espère qu’en vieillissant je continuerai à la supporter. Malheureusement tout le monde n’est pas comme moi, j’ai même parfois l’impression d’être un cas si ce n’est unique au moins particulier. Depuis le début des vacances, en Brière, dans les Landes, à St-Cirq-Lapopie, nos soirées ont été relativement fraîches, nous épargnant les nuits étouffantes, où les bras en croix et la tête bourdonnante il est impossible de trouver le sommeil sur un matelas trempé de sueur et un oreiller brûlant. Jean-Claude aura pourtant du mal à s’endormir à St-Georges de Luzançon, dans la Maison des Évêques, ancien prieuré du 15e siècle, où nous avons réservé pour la nuit, fasciné par la voûte de pierres cinq fois centenaire au-dessus du lit et la peur improbable que celle-ci s’effondre sur nos pauvres corps de voyageurs assoupis. 

Au petit-déjeuner nous partageons notre table avec le jeune couple qui occupe l’autre chambre de ce magnifique gîte. Ils sont sympathiques, respirent la joie de vivre et débordent de tendresse pour le petit bout de chou d’à peine deux ans qu’ils trimballent avec eux. Nous passons un joli moment en leur compagnie à discuter de nos périples respectifs puis reprenons la route pour notre ultime destination : Les Angles. 

Voir le viaduc de Millau et l’emprunter était le but de cette étape. La veille nous l’avons vu se rapprocher jusqu’à en n’être plus qu’à quelques mètres puis passer dessous au soleil couchant, aujourd’hui nous roulons sur cet ouvrage à 320 millions d’euros, nous filons en direction du nord à 270 mètres au-dessus du Tarn sans aucune sensation de vertige, véritablement suspendus dans les airs, aussi confiants et sécurisés qu’on peut l’être sur n’importe quelle autoroute à 130km/h. 

À la sortie du viaduc une aire a été aménagée avec musée, boutique et vue panoramique. Faute de temps – on nous attend à Avignon en fin d’après-midi – nous zappons le musée et poursuivons notre voyage vers les gorges du Tarn. 

Voilà du paysage grandiose ! Si les gorges de l’Aveyron (longées la veille) ne resteront probablement pas dans mes plus beaux souvenirs, celles du Tarn risquent bien d’en faire partie ! La route, étroite, creusée par endroit à même la montagne, serpente au rythme de la rivière. De chaque côté des pentes raides, verdoyantes, parsemées de villages, de ruines de châteaux, de routes sinueuses. Des roches sculptées par le vent et les siècles se dressent au milieu de la verdure, évoquent un bestiaire mirifique, des personnages inquiétants, changés en pierre, tout droit sortis d’une mythologie régionale. À la première occasion nous descendons toucher l’eau transparente et voir d’un peu plus près les canoës passer. Certains kayakistes maîtrisent mal les fonds et nous les voyons s’extraire de leur embarcation pour passer à pied en tirant leur barque sur un banc de cailloux. Nous les envions un peu cependant de pouvoir être si près de cette eau fraîche alors que le thermomètre frôle les quarante-sept degrés. À La Malène nous nous arrêtons déjeuner à l’abri d’une tonnelle. Il y a plus de vacanciers que nous n’avons pu en voir jusqu’à présent mais l’endroit est tout de même calme. 

Les villages, les châteaux, les cirques s’enchaînent sous un soleil écrasant. L’asphalte se déroule, difficile par endroit, demandant beaucoup d’attention de par son étroitesse et sa sinuosité. Nous croisons nombre de transports de canoë, que je surnomme immédiatement racks-à-canots (rakakano) pour détendre Jean-Claude qui ne voit pas finir cette route, magnifique, mais épuisante. Nous traversons enfin Quézac (« l’eau qué bueno a boiré et qué s’appélorio… ») et à Florac rejoignons la nationale. Ce qui suit n’est pas des plus palpitant même si nous empruntons la fameuse « corniche des Cévennes ». Les autochtones ne semblent pas du tout avoir envie de respecter la nouvelle limitation de vitesse à 80 et nous collent au train pour nous doubler au plus tôt. Pénibles. Enfin Alès, capitale des Cévennes, ancienne ville minière, que nous traversons, poursuivis par les mêmes conducteurs pressés. Tout ça ne donne pas une belle image de la région dans laquelle nous entrons. Je regrette déjà le calme des petites routes quercinoises et aveyronnaises… Un dernier stop à Uzès ; je souhaitais montrer à Jean-Claude ce petit bijou classé, où je suis souvent allé  par le passé, en hiver comme en été, aux côtés de Jean-Jacques, rendre visite à Pierre et Vincent. Pierre et Vincent se sont séparés, et vivent aujourd’hui à Paris, Jean-Jacques n’est plus de ce monde mais Uzès n’a pas bougé. Le drapeau flotte sur le dernier duché de France, la pierre est belle, identique à mes souvenirs. C’est un brin nostalgique que je quitte la place aux herbes, aussi étouffante qu’un four, mais je sais que bientôt, au terme de cette journée et de ce périple par les petites routes de France, l’eau rafraîchissante de la piscine et l’amitié de Laurent et Stéphane seront au rendez-vous !

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