Challenge 50 ans / J – 24
Valé
Ottawa 1995
Au cours de l’hiver 1994 ma petite bande de Villars est de passage à Paris. Nous nous retrouvons à La Petite Chaumière, à deux pas du Piano Zinc. Stéph’ vient accompagnée de sa petite protégée : Valé. Valé (Joy Valou) est un typhon d’humour, un éclat de rire continu pour masquer les angoisses et les bobos du jour. Muriel Robin ressemble à une none à côté de cette fille. Nous passons une soirée « démente » – c’est notre mot du moment. Les autres repartent bientôt à leur dur labeur de GO, Valé et moi nous ne nous quittons plus. Ormi le Piano Zinc, l’Amnesia, le Tropic, l’Aviatic, deviennent nos lieux de prédilection. Quand vient le week-end c’est au Bon Aloi, un petit restaurant, rue Sauval, qui dissimule un karaoké dans sa cave, que nous nous réfugions. Philippe, le tenancier, est d’une beauté à renverser toutes les filles qui viennent enterrer là leur vie de jeune fille et pour ne rien gâcher chante comme un dieu ! Lorsque le bar ferme ses portes, il chante pour nous du Lionel Richie ou du Stevie Wonder. Truly, encore quelques instants d’éternité…
Quand vient le temps des vacances il est impensable que nous nous séparions. Nous décidons d’un road trip, en grande partie improvisée, entre les États-Unis et le Canada, à la rencontre de mon pote Olivier, immigré à Montréal, et du fils de mon parrain installé à New-York. Moi qui n’avais quasiment connu que le confort du Club Med me voilà à dormir dans la voiture un jour sur deux, à marcher dans un film de Woody Allen, à danser dans des boites plus grandes que Rosny2, à écouter cet accent que mon père imite si bien depuis que j’ai neuf ans, que j’aime tant. Lorsque nous approchons d’Ottawa la Chevrolet blanche que nous avons loué à New-York montre des signes d’essoufflement. En entrant dans un parking à ciel ouvert, elle broute une dernière fois, crachote avant d’expirer, morte. J’ai pris cette photo de Valé dans la cabine du gardien du parking qui pendant plus de deux heures va se démener pour nous trouver un véhicule de remplacement. Pour finir c’est encore lui qui nous invitera à dîner ! Y a pas à dire ces canadiens ont le sens de l’hospitalité…