Challenge 50 ans / J – 26
Stephanie
Villars-sur-Ollon 1993
La journée de labeur est finie, la plupart des GMs sont partis se coucher, la répétition du spectacle du lendemain vient de s’achever…
Elle s’approche de moi au bar du night-club, et me glisse à l’oreille d’une voix suave et l’œil qui frise :
– Salut, tu viens souvent ici ?
On s’est regardé. On s’est souri, d’un air entendu.
– Non assez rarement ; je vis encore chez mes parents.
– Je m’appelle Steph’
– Et moi Wilfried, enchanté
On a éclaté de rire, c’était parti pour 4 000 ans d’amitié. Indestructible.
Terriblement jolie, un charme démesuré, de grands yeux vifs, un rire tonitruant et quasi-continuel, un brin capricieuse, cultivée sans être érudite, curieuse, insatiable, irrésistible ! Plus qu’un rayon, elle est le soleil. L’incarnation de la joie, de la fête. La belle-fille idéale ! Ma cache-tapette préférée !
Entre deux « saisons » à l’autre bout du monde Steph’ s’installe chez mes parents, et court les magasins pour refaire sa garde robe. Je l’accompagne ; le sourire en coin j’observe les vendeuses ahuries devant cette blondinette qui sélectionne les fringues comme d’autres les oranges chez le primeur et essaye la moitié de la boutique en moins d’un quart d’heure.
En rentrant, tard le soir, chargés de paquets, on se mate un film, quelle que soit l’heure : The Rocky Horror Picture Show, In Bed With Madonna… Mais Victor Victoria a notre préférence. Des dizaines de fois !
Lorsque la comédie musicale se monte à Broadway je ne rêve que d’une chose (à part jouer dedans) : sauter dans un avion direction Manhattan et courir écouter Julie Andrews et son envoûtant Jazz Hot ! Je n’ai pas pu. Steph’ de son côté terminait une longue saison aux Bahamas, avant de rentrer à Paris elle s’est octroyée quelques jours à New-York… Vous voyez où je veux en venir ?
En fait, cette fille je la déteste !