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25 mars 2017
Chester / Glasgow

Levés tôt avec un beau soleil. Le Pied Bull possède à l’arrière du pub une terrasse accessible depuis le bâtiment des chambres. J’y prends un denier café au soleil. Dix heures ! Il est temps de visiter Chester. Cette ville commerçante depuis le moyen-âge présente une particularité : des galeries commerciales du 17ème siècle au premier niveau des maisons à colombages. Nous y flânons. Les rues grouilles de monde, les touristes se mêlent aux autochtones venus faire leurs courses du samedi. Chester respire l’opulence et la joie de vivre. Une chorale chante pour une œuvre, une dinosaure fait les cents pas devant un magasin, un jeune homme joue de la kora devant l’hôtel de ville…

Visite de la cathédrale : l’entrée est « libre » mais il faut faire un don. C’est la première fois que je vois ça… après tout, pourquoi pas ? L’intérieur est magnifique, très gothique, très anglais. Nous sommes accompagnés par des voix d’enfants qui semblent répéter une représentation. Est-ce pour le mother’s day ? Un petit tour des remparts jusqu’à la Dee puis un café en terrasse (et en teeshirt !), il nous faut reprendre la route. Lake District est sur le chemin de Glasgow et l’idée de traverser ce parc naturel, où  se situe le plus haut mont d’Angleterre, nous plait bien; ça devrait nous donner un avant-goût des grands espaces écossais. Le petit-déjeuner commence à être un peu loin… nous décidons de faire une pause un peu avant la région des lacs, en bord de mer,  avec le secret espoir de déguster quelque poisson et pourquoi pas des huîtres… notre choix de porte, de façon tout à fait arbitraire sur Morcambe Bay.

Cette station balnéaire qui a du connaître son heure de gloire m’évoque immédiatement un  mélange de San Francisco et Berk Plage : Berk pour l’immense plage de sable blond qui s’étend sur des kilomètres et San Francisco pour les rues en pente, descendant vers la mer, bordées de petites maisons à bow-window. Cette ville à du être très chouette, elle est aujourd’hui sordide, et transpire la misère et le chômage. Adieu huîtres, bye-bye homards… nous nous attablons dans le seul restaurant que nous trouvons : Atkinson, spécialiste du fish and chips à emporter. No comment. Dans Lake District un autre univers nous attend, très touristique et plutôt chic; des randonneurs par dizaine, de belles villas, des petites villes de montagnes qui me font penser à ce que devaient être les stations de sport d’hiver dans les années 60…

Aussi improbable que cela puisse être nous sommes bientôt pris dans un immense bouchon sur ces routes bucoliques ! Des travaux provoquent une circulation alternée qui figent complètement le traffic. Nous profitons du paysage, nous ne sommes pas pressés… quoi que… vue l’heure et le chemin restant à parcourir il y a des chances pour que nous ne puissions plus dîner à l’hôtel en arrivant. Appel à hôtel afin de vérifier si l’on peut arriver tard : oui, mais nous dînerons en route. Pas le temps de s’attarder dans le coin… Pour gagner en efficacité nous demandons au GPS de nous mener au centre ville de Glasgow. La nuit tombe vite. À l’approche de la ville nous sommes doublés par deux bolides qui slaloment entre les différentes voies de l’autoroute. C’est samedi soir, les kékés sont de sortie. Bientôt un nouveau bouchon, provoqué par un accident : une voiture complètement disloquée, échouée en travers de deux voies. Est-ce l’un des deux chauffards précédemment croisés ?Nous quittons enfin l’autoroute et entrons dans la ville. C’est assez laid, triste, nous circulons dans une zone qui pourrait ressembler à La Défense mais complètement décrépie. « Vous êtes arrivés », le GPS à parlé ! Nous éclatons de rire. C’est ça le centre ville de Glasgow ? C’est laid et sans intérêt, étrange pour une ville aussi connue. Nous doutons d’être véritablement dans le centre mais ce qui est sûr c’est que nous n’avons pas la possibilité de vérifier l’information et, à moins de partir à l’aventure avec le risque de ne rien trouver à dîner, il nous faudra nous contenter de ça. Nous dînons cependant très bien, à côté du parking, dans un restaurant italien, Azzuro. La salle est pleine de grandes tables familiales : un trio de grosses blondes platines, genre Bonnie Tyler, une paire de jumelles et leur mère, très élégante, avec un énorme collier de perles, rient à gorge déployée. Il y a une très bonne ambiance, chaleureuse; nous réalisons bientôt que toutes ces tablées sont là pour fêter les mères. Est-ce qu’en France les familles ont l’habitude de se réunir en bande et de sortir au restaurant pour cet événement ? Pas si sûr…

Notre hôtel, situé au nord de Glasgow, vers l’aéroport, est immense, un gros cube assez laid et en mauvais état. Les chambres sont conformes au reste : sans charme et bien décrépies… mais ce soir à l’Erskine Hôtel c’est Boogie Night ! Des centaines de femmes de tous âges, déguisées « années 80 » ont envahies l’hôtel pour faire la fête. Nous croisons de pseudo collégiennes en uniforme jaune poussin, des clones de Veronique et Davina vêtus de survêtement acrylique violet translucide, de fausses miss en robe de princesse, écharpe et diadème, de grosses dames emperruquées de rose en fauteuil roulant… Elles sont de drôles, vulgaire et parfaitement à l’aise dans leur costume ridicule. En montant dans nos appartements nous croisons une Madonna-époque-Recherche-Suzanne-désespérément, 75 ans minimum au compteur, dentelles à foison et colifichets par dizaines autour du cou, armée d’un déambulateur… Bonne nuit madame, amusez-vous bien.

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