Stigmates, révolution, fascination...
Amsterdam

Vu par… Joseph Conrad

J’évoque un paysage d’hiver a Amsterdam : un premier plan plat fait de terrains vagues, avec çà et là des tas de bois de charpente, comme les huttes du camp de quelque tribu fort miserable; le long ruban du Handelskade; des quais froids, à parement de pierre, le sol parsemé de neige et l’eau dure et gelée du canal, où étaient alignes l’un derrière l’autre des navires aux amarres mollies et couvertes de givre et aux ponts inactifs et deserts, car, comme m’en informa le maitre arrimeur (un être doux au teint pâle, menton orné de quelques poils dorés et le nez rougi), leurs cargaisons étaient bloquées par les glaces dans l’intérieur du pays sur des chalands et des schuyts. Plus loin, au-delà du terrain vague, courant parallèlement à la rangée de navires, une rangée de maisons brunes aux tons chauds qui semblaient ployer sous leurs toits charges de neige.

Au loin, à l’extrémité de Tsar Peter Straat, montait dans l’air glacial le tintement des clochettes des tramways à chevaux, qui apparaissaient dans l’ouverture entre les maisons, comme des charrettes miniatures attelées de chevaux miniatures avec lesquelles auraient joués des gens qui ne paraissaient pas plus grands que des enfants.

Le Miroir de la Mer
Joseph Conrad – 1946

Amsterdam en juillet 2006

Au long des canaux

Ah le mois de juillet caniculaire de 2006 !
Rien de tel qu’une ville d’eau pour se rafraîchir un peu…

Le royaume des vélos

Amsterdam… La ville des vélos.
On se disait, les gens sont cools, ils roulent à vélo, ils prennent leur temps…

Voyager chez soi

Dans les oreilles

Dans ma bibliothèque

Une-Veuve-de-Papier

Une Veuve de Papier
John Irving

Automne 1990. Ruth Cole, écrivain de renom, appréhende le mariage et la maternité. Elle profite d’une tournée de promotion à Amsterdam pour aller enquêter sur le milieu de la prostitution, cadre de son prochain roman ; là, elle se retrouve plongée au cœur des peurs de son enfance…

Probablement l’un des meilleurs Irving – avec Je te Retrouverai, qui se déroule lui aussi en partie en Europe du nord. Ce livre est un véritable thriller psychologique, un tourne-page, il ne se lit pas, il se dévore ! Roman quête, enquête, sur le besoin d’écrire, le pouvoir des souvenirs, la maternité, l’amour et l’inconscient; trois récit s’entremêle, trois époques également, la vieille Europe et la Nouvelle-Angleterre, un véritable puzzle dans lequel Irving ne nous perd jamais : à lire absolument !

Si vous préférez les classiques de la littérature contemporaine, vous pouvez aussi vous précipiter sur La Chute d’Albert Camus (1956) dont l’action se déroule dans un bar d’Amsterdam – mais on y voit peu la ville : un homme, Jean-Baptiste Clamence, y fait la confession de sa vie et retrace le parcours brillant de son existence jusqu’à ce qu’il soit le témoin muet du suicide d’une jeune femme… Il fuit alors cherchant à étouffer la culpabilité qui le ronge.

Sur les écrans

Le Quatrième Homme
réalisation Paul Verhoeven

Gerard Reve, écrivain bisexuel et obsédé par la mort rencontre lors d’une conférence Christine Halsslag, une jeune esthéticienne riche et séduisante dont les trois maris sont morts dans des circonstances étranges. La liaison qu’elle entretient avec le jeune Hermans, que Gerard avait croisé à la gare en partant d’Amsterdam, persuade finalement ce dernier à rester. Lequel des deux sera finalement « le quatrième homme » ?…

Avec De vierde man, Verhoeven signe, en 1983, son dernier film hollandais, avant de rejoindre Hollywood qui fera de lui le réalisateur que l’on connait aujourd’hui (Starship Troopers, Robocop, et plus récemment le très dérangeant Elle…). Un film sombre et surréaliste où le héro est hanté par des visions morbides aux références religieuses, on pense alors à Bunuel et Pasolini… Véritable film intello ou simple polar glauque ? On y trouve en tous cas déjà la trame du futur Basic Instinct.